UN MATIN OU…

« UN MATIN OU… SUIVANT MON INSTINCT JE RENCONTRAI MON DESTIN »

C’était un matin un peut comme tous les autres au première abord. J’étais dans une petite cabane au bord du pacifique sous ma moustiquaire, dans mon lit, je fumais un joint d’herbe tout en voguant dans mes pensées.

Je venais d’arriver la veille dans le petit village de Zipolite. C’est un petit endroit avec une plage de sable semi-circulaire parsemée de rochers, au dessus de laquelle s’étend la Sierra Madre Del Sur, une chaine de montagne couverte de végétation tropicale et qui longe la cote pacifique sud du Mexique. C’est un coin de paradis qui attira la communauté anticonformiste des années 60/70 et qui gagna la réputation d’être un lieu calme et prospère, dans la lignée de l’idéal hippie de ces années la. Ce coin la devint par la suite l’une des seules plage nudiste du pays.

Pendant plusieurs jours j’avais longé une partie de la cote pacifique du Mexique, du sud au nord depuis la petite plage de Boca Del Cielo dans l’état du Chiapas, à quelques kilomètres de la frontière Guatémaltèque, jusqu’a cette petite bande de sable de l’état de Oaxaca.

Je m’étais trouvé une guesthouse des moins chères directement sur la plage et j’avais pour me détendre une petite cabane en bois avec pour seul matériel un grand lit, une petite commode et une moustiquaire.

C’était un matin un peut comme tous les autres au premier abord dans ma routine de backpacker. Mais malgré la fatigue de la veille je m’étais réveillé bien tôt ce jour la. Et flânant dans mon lit, je regardais les nuages de fumée que je recrachais, s’écraser contre la moustiquaire. Mon esprit lui était ailleurs. Je regrettais d’être seul dans cette endroit paradisiaque car au fond de moi je voulais pouvoir partager ce moment avec une jolie jeune femme de mon goût. Malgré l’heure matinal il faisais toujours chaud ici et je m’étalais nu sur mon lit.

Quand soudain, venue de nulle part j’entendis une voix.
Où plutôt une sensation qui me disait:

« Sors… Sors… Vite sors ».

Pendant quelques minutes j’observai cette pensée qui devenait de plus en plus forte en moi. C’est alors que je décidai d’agir. Je me glissai très vite hors du lit, sautant dans mon maillot de bain qui était étalé sur le sol et sans prendre le temps de le serrer autour de ma taille je me jetai dehors et me mis a courir en direction de la plage.

De ma cabane je n’étais qu’à quelques dizaines de mètres des premières vagues. j’étais décidé a sauter tête la première dans l’eau et je filais déjà comme une flèche.

Tout a coup à ma droite j’aperçus 3 silhouettes qui marchaient dans le sable. Sans perdre mon élan, ni changer de direction je lançai un « good morning » en direction de ces jolies jeunes femmes, le tout accompagné d’un grand sourire, puis je me jetai dans la première vague qui s’offrais a moi. Je ne restai pas longtemps dans l’eau, juste quelques secondes le temps de me rafraichir. Au moment de sortir, je vis que les 3 voyageuses s’étaient arrêtées au niveau de ma guesthouse pour observer une petite pancarte qui représentait grosso modo la plage vue du ciel. Je me dirigeai alors vers elles toujours avec mon grand sourire.

Elles étaient toutes 3 très jolies mais l’une d’entre elles l’était tout particulièrement. Pas très grande quoi que pas spécialement petite non plus elle avait de longs cheveux noirs qui descendaient jusque dans la courbure de son dos. Elle avait la peau couleur caramel et sa poitrine nue ne présentait aucune marque de bronzage. Ses seins parfaits donnaient sur un ventre plat et de ses belles hanches descendaient de jolies jambes fines et harmonieuses. Le tout surmonté d’un grand sourire.

À l’exception de la demoiselle qui était en deux pièces moins une, ses amies, elles, avaient gardé le haut. Et à en voir le bronzage parfait de la première, il ne faisait pas de doute que, plage nudiste ou pas, elle faisait fi du soutien gorge en toutes circonstances.

On fit connaissance., elles étaient toutes les trois italiennes. Elles me demandaient si elles se trouvaient bien sur la plage nudiste.
En effet Zipolite avait beau être une plage nudiste, la nudité n’était pas la règle. De même cet endroit avait beau être une communauté construite par les hippie des années 70 il était facile de trouver des voyeurs par ci par là avec leurs appareils photo.

Alors j’invitai les filles a me suivre dans un coin un peu plus tranquille, La Playa Del Amor. Il y avait au bout de la plage sur laquelle nous étions un gros rochet surmonté d’une vieille bâtisse abandonnée. Un sentier y montait tout droit pour ensuite redescendre de l’autre coté. De la on atterrissait sur une autre plage plus petite et à l’abris des regards.

Arrivé sur place je me débarrassai de mon maillot de bain et me jetai une fois de plus dans les eaux tièdes du pacifique. On resta un moment sur cette plage et avec ma belle italienne nous discutions de tout les sujets que nous pouvions aborder tantôt ballotés par les vagues tantôt allongés sur le sable, nus comme des vers.

Comme nous étions poussés par le même idéal ou du moins par un idéal similaire il était naturel que nous nous rapprochions l’un l’autre. La sensualité aidant je me retrouvai très vite dans les bras de cette belle créature.

Le trio avait pour plan de rejoindre l’état de Chiapas d’ou je venais alors que pour ma part le plan initial était de rejoindre la ville de Oaxaca plus au nord. Mais je commençais à bien connaitre le Chiapas après toutes mes aventures passées la bas dans un autre temps et je proposais de les accompagner et de leur servir de guide ce qu’elles acceptèrent.

La belle, elle, était végétarienne et par respect pour elle je décidai de ne plus manger de viande, du moins le temps de notre voyage ensemble. Nous savions que nous n’avions que 12 jours avant qu’elle ne reparte en Italie et je ne trouvais pas l’idée d’être végétarien pendant 12 jours insupportable. L’idée m’était venue tout naturellement. Pourtant à l’époque j’aimais beaucoup la viande et je me régalais de toute sortes de poissons péchés dans cette partie du pacifique. Mais je ne trouvais pas supportable le fait d’imposer la vue et l’odeur de ces mets à une végétarienne même si elle me disait que ça ne la dérangeait absolument pas. Je me fit donc herbivore pour un temps, du moins c’est ce que je pensais.

Nous prîmes le temps de visiter San Cristobal De Las Casas et même de faire un tour jusque dans le canyon de Sumerido. San Cristobal de las casas est un haut lieu de la résistance nationale puisque c’est la capitale du mouvement zapatiste EZLN (« Ejercito Zapatista de Liberation National » ou « l’Armée Zapatiste de Libération Nationale ») fondé par le subcomandante Marcos dans les années 80. Bien que l’Armée de résistance se trouve disséminée dans les montagnes des environs la capitale du Chiapas abrite nombres de membres actifs de cette communauté révolutionnaire. Ainsi le 21 dec 2012 pour la fin d’un des cycles du calendrier Maya 20.000 Zapatistes encagoulés ont défilés silencieusement dans les rues de San Cristobal. Ce mouvement a pour but de défendre les communautés aborigènes de l’état du Chiapas et de redonner à cette population les terres qui ont étaient volées par l’état et par les multi-nationales. Le principe s’est étendu à toute les communautés autour de la planète à qui il ne reste plus tellement que les yeux pour pleurer tant ils ont étaient dépossédés de leurs terres ancestrales. Ainsi Le Mouvement de libération bien que National se veut planétaire. Une de leurs doctrine est « Otro mundo es possible, un mundo donde quepan todos los mundos » ce qui peut se traduire par « Un autre monde est possible, un monde qui conviendrait à tout le monde ».

Nous profitions donc d’être dans les environs pour visiter ce qu’on appèle un « Caracol Zapatista ». Nous visitions pour la journée le Caracol d’Oventic. L’endroit bien que calme et prospère est bien gardé et n’entre pas qui veut. Les résistants Zapatistes ont pris l’habitude de constamment porter une cagoule noire dans leurs activités, pour ne pas être reconnus par l’état.

Nous Nous faisons donc accueillir par 2 hommes encagoulés qui à la suite d’un long questionnaire nous laissait rentrer. À Oventic on y trouve entres autre une école, un restaurant très rustique et même un terrain de basket le sport étant privilégié des Zapatistes. On finira par faire une partie de basket avec quelques indigènes du village et quelques voyageurs qui étaient la comme nous pour voir le lieux. A la fin de la journée nous repartions vers San Cristobal et nous nous préparions pour continuer notre périple dans l’état de Chiapas qui autrefois appartenait au Guatemala.

Quelques semaines plus tôt alors accompagné de quelques amis Mexicain et de 2 Brésiliennes j’avais mis les pieds dans une petite communauté entre San Cristobal et Palenque. Comme nous étions sur la route de Palenque et que nous voulions faire un stop sur le site de Tonina (et le temple de l’inframonde) je proposais aux filles de leurs faire découvrir les lieux.

La communauté se nomme Ha Omek Ka (Alpha et Omega) et c’est un collectif de personnes qui essayent de vivre autour d’un idéal et d’un travail commun, proche de la nature, écologique et local. Nous passions quelques jours la bas et le lieux me donnais l’occasion de me confronter avec mes idées reçues. Je n’étais à l’époque végétarien que de passage et cette communauté (comme beaucoup d’autre) l’était à 100%. Bien que de moins en moins réticent au concept je ne m’étais pas encore mis dans la tête l’idée d’un style de vie végétarien. Pour moi une fois les 12 jours en compagnie de ma belle terminés je me voyais déjà manger une quesadilla au poulet ou déguster un poison entier, frit dans l’huile ou cuit à la vapeur sans bien sure en oublier les joues, les yeux et tout ce qui va avec.

Les jours passèrent et nous allions toujours de l’avant. Nous visitions les ruines de Tonina avec le temple de l’inframonde et son labyrinthe qui renferme une sorte de Rayon X des temps anciens. Avec une simple fenêtre en forme de croix au bout d’un couloir, une direction donnée en fonction du soleil et un jeu de lumière les Mayas avaient réussi quelque chose de très surprenant. Il fallait durant un jour de grand soleil tourner le dos à la fenêtre en forme de croix, les mains contre le mur qui lui était opposé à l’autre bout du couloir et de là, reculer de 9 pas. L’ombre de la personne qui était alors projetée sur le mur n’était plus que l’ombre de son propre squelette!

Puis nous partions pour les fameuses ruines de Palenque jusqu’aux lagon de Chetumal avec son sable blanc et son eau bleu turquoise pour enfin atterrir à Tulum sur la cote Atlantique, un autre site archéologique Maya, le seul du Mexique qui se jette dans la mer.

Au bout de quelques jours sur place il était temps pour le trio de repartir en direction de l’Italie et je devais dire au revoir à ma belle.

Pendant tout ce temps j’avais pris l’habitude de manger végétarien, même si dans certains endroit au Mexique commander un repas sans viande n’est pas chose facile. Je me retrouvais donc de nouveau seul dans mon périple et je décidais de sortir pour manger dans un endroit sympas de la ville. J’avais alors comme ferme intention de me commander un de ces poissons de la cote Atlantique mais à ma grande surprise arrivé sur place je n’en avait plus envie. Une petite voix a l’intérieure de moi me disais « Tu n’en a plus besoin » et je me retrouvais bien étonné de commander un repas végétarien malgré le fait que rien au monde ne m’y obligeait.

En à peine 12 jours l’idée avait fait son chemin dans ma tête et mon corps était tellement plus vif et plus actif que je finissais par me rendre compte que j’était en meilleure santé que je ne l’avais jamais été. Quelques jours plus tard alors que je naviguais sur le net je tombais sur une video accompagnée de ces 2 mots « Why Vegan » autrement dit, pourquoi devenir végétalien. J’avais toujours eu le sentiment que les végétalien n’étaient pas sérieux avec leurs histoires et pour la première fois de ma vie je considérais la question sous un autre angle. J’avais fait l’expérience d’un régime sans viande et mon corps n’avait pas perdu de temps pour me faire savoir que c’était ce qui me convenait le mieux. Ma santé et mon énergie étaient la pour le prouver. Et du régime végétarien au régime végétalien il n’y a qu’un pas! Alors je décidais de cliquer sur le lien et je tombais sur la fameuse video de Gary Yourofsky.

Autant dire qu’en une heure et demie de temps je fut convaincu et à la dernière minute du speech le plus bouleversant de ma vie je m’entend encore me dire à voie haute « Jules a partir d’aujourd’hui tu seras Vegan ».

« Un matin où tout commence par une petite voie, on finit, si jamais on l’écoute, par changer sa vie. »

La morale de cette histoire c’est que l’Univers prend soin de la routine de tout un chacun, et quand au fond de nous nous désirons profondément quelque chose l’univers se met en marche pour réaliser ce désir. Mais souvent cela demande un sacrifice, une contre partie et pour que la magie prenne vie, pour que nos voeux se réalisent il faut être prêt nous aussi à faire ce sacrifice. Si nous ne sommes pas prêt l’Univers ne se manifeste pas. Il attend, simplement que le moment soit plus propice. Et l’univers est au fond de chacun de nous.

 

 

J’ai écris ce texte après avoir proposer à des amis de leurs conter une de mes aventures, à la seul particularité que ce serait eux qui choisiraient le thème. Je leurs avais proposé de me donner quelques mots ou adjectifs pour me donner une direction tel que une histoire drôle ou triste. Une de ces personne proposa le début de phrase « Un matin où… »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *